S’ouvrir à son enfant intérieur

Au départ


Si on reprend l’histoire, le concept de l’enfant intérieur est très utilisé aux Etats-Unis par différents courants de psychologie. Il est moins utilisé en France, néanmoins il est de plus en plus abordé.

Qu’est-ce que la notion de l’enfant intérieur ? 


Ce sont « les conflits non résolus de notre enfance [qui] se répercutent sur notre vie” adulte, écrivent Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont, spécialistes de l'enfant intérieur et créateurs de la méthode coeur d’enfant.

L’enfant intérieur serait “la mémoire de l’enfant que nous avons été”. Ainsi, les joies, les peines, toutes les émotions ressenties, toutes les expériences de l’enfance marquent le “moi” profond et façonnent l’adulte en devenir. Et cet enfant-là, cet enfant intérieur, est inhibé, réduit au silence avec toutes les caractéristiques qui sont minimisées : spontanéité, résilience, joie, amour des autres, absence de jugement, espièglerie et exubérance. 



Ainsi, la plupart des dommages subis dans l’enfance peuvent avoir lieu dans la partie non dominante du cerveau, avec les 6 premières années de la vie qui emploient cet hémisphère. La partie non dominante du cerveau ne commence à fonctionner que lors de l’acquisition du langage.

Reconnaître et libérer son enfant intérieur permet de vivre spontanément, de découvrir et libérer son potentiel créatif.  “Sitôt qu’un individu a apprivoisé et nourri spirituellement son Enfant intérieur blessé, l’énergie créatrice de son merveilleux Enfant naturel commence à émerger”, explique le théologien, psychologue américain John Bradshaw.



Qui garde sa faiblesse est fort


« Qui garde sa faiblesse est fort » - livre du Tao-tô-king (le Livre de la voie et de la vertu) met en avant que chacun a l’opportunité de tirer une grande force de ses faiblesses. Ce sont les faiblesses conscientisées et acceptées qui rendent plus forts et plus humains. La vulnérabilité est ainsi universelle et fait écho aux nôtres. Se dévoiler, sans complaisance vis-à-vis de ses faiblesses, est le meilleur moyen de devenir plus adulte et plus fort dans la vie. Être soi réclame du discernement et c’est à chacun d’être vigilant et de sentir avec qui il est possible de s’exprimer en toute confiance.



Garder sa faiblesse permet de développer la compassion. Toutes les faiblesses passées ou présentes ont été, sont ou peuvent être sources de douleur, d’affliction. A la base, les souffrances ont toutes la même origine = le manque d’amour. Pour aller plus loin, lorsque nous sommes au plus proche de notre propre souffrance, nous sommes au plus proche des souffrances des autres, de celles universelles. Cette conscience de la nature de la souffrance humaine fait ainsi naître la compassion qui est l’une des qualités humaines les plus abouties. Le terme "compassion" vient du latin « compasio » qui signifie « souffrance commune ». Ainsi, celui qui garde sa faiblesse est fort car il garde son entière humanité. Et se connaître, c’est reconnaître toutes les composantes de son humanité. 



Et du côté des besoins ?


Si les forces et les faiblesses en sont des éléments importants, l’homme se caractérise aussi par de fortes aspirations, qui sont en fait des besoins, des besoins réels.

Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, définit ainsi les besoins : « Il est vrai que le mot besoin est souvent mal compris. Il ne s’agit pas ici d’une envie du moment, d’une pulsion passagère, d’un désir capricieux. Il s’agit de nos besoins de base, ceux qui sont essentiels à notre maintien en vie, ceux que nous devons satisfaire pour trouver un équilibre satisfaisant, ceux qui touchent à nos valeurs humaines les plus répandues : identité, respect, compréhension, responsabilité, liberté, entraide. »


Mais beaucoup peuvent ignorer quels sont leurs véritables besoins. C’est possible de confondre désirs et besoins, les désirs sont plus fugaces, superficiels alors que les besoins sont plus profonds et plus justes. Les besoins sont, comme les désirs, nombreux, sauf qu’ils sont essentiels pour nous rendre heureux.

 

La capacité de répondre à ses besoins, dépend de ce qui a été reçu dans l’enfance. Aussi, de nombreux besoins chez l’adulte sont intimement liés aux manques de l’enfance. C’est un point essentiel pour Guy Corneau, psychanalyste et écrivain : « d’un point de vue psychologique, nos besoins s’articulent la plupart du temps à des blessures du passé ».

Les manques de l’enfance amènent des besoins impérieux à assouvir et la négation de ces  besoins provient le plus souvent d’une volonté inconsciente d’endormir la souffrance. Comme le besoin est juste, la recherche compensatoire risque d’entraîner des dépendances affectives, matérielles. L’unique personne capable de nous réparer est juste nous-même. Il est important de se donner à soi mais en même temps de ne pas rejeter l’autre.

Les besoins sont liés aussi aux émotions que nous ressentons et ce lien fera l’objet d’un prochain article. Néanmoins, la reconnaissance de ses besoins est la base pour le travail sur les émotions, pour l’enfant intérieur.



Et cet enfant intérieur, comment le rencontrer, comment le retrouver ?


Pour commencer à (re)prendre contact avec son enfant intérieur, il est bien d’apprendre à établir un dialogue avec lui. Voici quelques exercices simples :

  • Adopter les attitudes d’un enfant = Pour commencer à (re)prendre contact avec l’enfant intérieur, il est bien de se mettre dans la peau d’un enfant justement. Adopter des postures typiques, les gestes et les attitudes des enfants peut rapprocher de celui qui est en vous. 

  • Débuter, entamer le dialogue avec son enfant intérieur = Il est possible de commencer par lui écrire une lettre, en remontant dans ses souvenirs jusqu’au moment où la communication a été rompue avec lui. Comme dans une véritable discussion, c’est possible de lui poser des questions. Qui n’a jamais parlé tout(e) seul(e) ?


  • Dessiner = Dans les méthodes de développement personnel, le dessin est largement plébiscité pour extérioriser ses émotions, ce qui nous interroge et tiraille. Pour Carl Gustav Jung, « des représentations de dessins / mandalas peuvent avoir sur leurs auteurs des actions thérapeutiques importantes, le fait a été constaté et il est pareillement facile à comprendre ».  Pour l’enfant intérieur, vous pouvez lui demander de dessiner comment il vous voit adulte. Pour lui permettre de s’exprimer plus librement, c’est possible de dessiner de la main qui n’est pas utilisée (la gauche pour les droitiers et la droite pour les gauchers).

  • Des mandalas = Il est possible de travailler ses besoins à travers des mandalas. Tout d’abord, faire une liste de ses besoins et entourer en vert les besoins qui sont naturellement comblés. Puis, identifier les besoins plus difficiles à combler, à entourer en rouge. Les classer par ordre d’importance en commençant par celui qui est le plus essentiel. Pendant les jours qui suivent, vous travaillez à combler le premier besoin essentiel entouré en rouge.  Vous allez ensuite construire un « mandala d’actions » en mettant toutes les actions, dans des bulles, autour du besoin à combler. Ces actes sont à poser autant de fois que nécessaire.  Ce travail demande, comme ceux présentés précédemment, de l’énergie et de la vigilance mais il peut être gratifiant.  Une fois que vous aurez fait le premier besoin non comblé, vous pouvez faire le second et ainsi de suite. Pour que la décision de combler ses besoins prenne encore plus d’importance et de puissance, c’est possible de dessiner sur une grande feuille avec différentes couleurs et de l’afficher chez soi, bien en évidence. 


Ces exercices ont opéré des petits changements, des prises de conscience ? Vous vous êtes déjà connectés à vous-même, à vos besoins, à votre enfant intérieur. Bravo !


Pour conclure, je citerai John Bradshaw, « Devenir un adulte qui s’ouvre à son coeur d’enfant est la véritable marque de la maturité ».



FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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