Les émotions

On parle beaucoup de la gestion des émotions, d’apprendre à les gérer. J’ai même parfois l’impression qu’on souhaiterait ne plus en ressentir, enfin celles qui dérangent, celles qui font souffrir mais ne nous rappellent-elles pas quelque chose ?

Mais c’est une autre histoire, la vôtre, la mienne.



Tout d’abord, qu’est-ce qu’une émotion ?

Émotion vient de la racine latine « EMOVERE » -  mettre en mouvement. C’est un changement de notre état. C’est une réaction affective subitetemporaire et involontaire, souvent accompagnée de manifestations physiques. Elle peut être due à un stimulus interne ou externe.


« Les émotions se caractérisent en biologie par des modifications d’apparence, notamment dans l’expression faciale, des actes caractéristiques (cris, fuites ou attaques) et des bouleversements à l’intérieur du corps ( battements de cœur, pression artérielle, irrigation sanguine de la peau et des viscères, sécrétion d’hormones...). » d’après le professeur Jean-Didier VINCENT.


Les émotions sont passagères et volatiles, intenses. Elles peuvent disparaître ou sinon devenir plus des états d’humeur (ce point sera vu ultérieurement).



Une citation intéressante : 

Les émotions ne sont ni positives, ni négatives : « elles sont seulement des éléments de notre énergie vitale. Elles ont chacune leur propre fonction. » - Elisabeth Couzon.


Pendant longtemps, les émotions n’ont pas eu « bonne réputation » : il ne fallait pas les écouter mais les réduire juste à une fonction perturbatrice, c’est se couper en partie de soi-même.


Mais pourquoi donc ?

Savoir déchiffrer ses émotions permet une meilleure connaissance de soi-même. Les nier, c’est nier une grande partie de l’être humain. Cela équivaut à refuser la communication et la compréhension. Connaître et comprendre les émotions, c’est savoir répondre de façon adaptée aux besoins qui s’expriment à travers elles.

Cette fonction de communication est primordiale et c’est elle qui a permis de faire ce que nous, êtres humains, sommes = des êtres sociaux évolués. Les émotions de base sont d’ailleurs reconnues à travers le monde entier, grâce à la spécificité des mimiques, des postures qui sont utilisées pour les exprimer.



Mais quelles sont les émotions de base, déjà ?

C’est le scientifique naturaliste Charles Darwin qui étudia le sujet en premier. Il demanda à des correspondants dans le monde entier d'effectuer des observations avec un questionnaire pour déterminer si les émotions et leurs mimiques étaient universelles. D’après les réponses, il en conclut que l’expression des émotions est bien universelle et innée.


Les chercheurs ont depuis confirmé qu’il existe au moins 4 émotions de base qui sont reconnues universellement = la peur, la colère, la joie et la tristesse auxquelles on peut ajouter la surprise et le dégout (Paul Eckman psychologue américain – d’après ses travaux portant sur les expressions faciales)




Plus tard, Daniel Goleman - docteur en psychologie clinique et développement personnel, – dans son livre l’intelligence émotionnelle – cite 8 émotions les plus communément mentionnées :

  • La colère

  • La tristesse

  • La peur

  • Le plaisir

  • L’amour

  • La surprise

  • La honte

  • Le dégoût



Quel est le parcours d’une émotion ? – d’un manière simplifiée

Un événement, un signal est porté à notre connaissance et il est traité par notre cerveau qui va ensuite le transformer en information, et va déclencher des réactions  : 

  • corporelles = frissons, tremblements, sensations de chaud ou de froid, cris, rires,…

  • comportementales =  par l’attaque, la fuite, la paralysie, …



Qu’est-ce qu’il se passe dans notre cerveau ?

Le neurophysiologiste américain Walter Cannon étudia des sujets atteints de lésions cérébrales et privés de certaines émotions pour conclure que l’hypothalamus était l’un des centres cérébraux des émotions. En 1937, sa thèse fut complexifiée par l’anatomiste James Papez qui tenta d’expliquer les émotions ressenties par le sujet par l’action d’un circuit reliant l’hypothalamus au cortex médian. En 1952, Paul MacLean utilisa pour la première fois l’expression de « système limbique » pour désigner un système intégré comprenant, outre le circuit de Papez, l’amygdale, le septum et le cortex préfrontal.


Il n’y a pas un, mais plusieurs « cerveaux émotionnels »


La théorie de MacLean est d’une importance capitale dans l’histoire des neurosciences, notamment l'idée que le circuit cérébral des émotions peut être indépendant de celui de la cognition. Son identification du système limbique à un « cerveau émotionnel » a cependant été remise en cause, les chercheurs, soulignant l’extrême diversité de nos émotions et leur rattachement à plusieurs circuits plutôt qu’à un centre unique. Il y aurait donc plusieurs « cerveaux émotionnels » dans le cerveau, chaque émotion correspondant à une unité cérébrale distincte ou à un système composé de plusieurs unités cérébrales interconnectées.

Les neurosciences s’attachent ainsi aujourd’hui à étudier des émotions bien précises, plutôt que les émotions en général, en cherchant à identifier d’éventuels circuits cérébraux correspondants.


Zoom sur une émotion partagée de tous : la peur

La peur, émotion simple, clairement identifiable et partagée par les animaux, a ainsi fait l’objet de grandes études expérimentales récentes, notamment par le chercheur new-yorkais et pionnier de la neurologie des émotions Joseph LeDoux.


Les réactions de peur sont principalement contrôlées par l’amygdale – une structure en forme d’amande située dans la partie antérieure du lobe temporal. Celle-ci envoie des signaux en direction de certains noyaux du système nerveux et de l’hypothalamus, qui commande les sécrétions hormonales de l’hypophyse. Par ailleurs l’amygdale est connectée à tous les cortex sensoriels ainsi qu’avec les différentes régions de cerveau liées à l’expression de la peur. Par ses multiples connexions, elle est en mesure d’influencer des facultés cognitives majeures telles que l’attention, la perception ou la mémoire, ce qui correspond à certains effets d’une peur intense, qui, en situation de danger, peut « empêcher de penser ». 



Il s’avère également qu’il y a en quelque sorte « deux routes » pour le déclenchement de la peur. LeDoux prend l’exemple d’un promeneur en forêt, qui aperçoit du coin de l’oeil l’image floue d’un bâton qui ressemble à un serpent. Le stimulus sensoriel parvient d’abord au thalamus. D’une part, instantanément, celui-ci actionne l’amygdale, qui amorce les réactions corporelles de peur et les réflexes de fuite. Mais d’autre part, parallèlement, le thalamus transmet l’image au cortex visuel qui l’analyse de façon précise : s’il s’agit effectivement d’une vipère, la peur est en quelque sorte validée et persiste, mais si le cortex visuel identifie l’image d’une branche morte, il enraye l’activité de l’amygdale et la peur cesse. On distingue ainsi une voie thalamo- amygdalienne de la peur (route courte) et une voie thalamo-cortico-amygdalienne (route longue).


Si on parle d’émotions, on parle d’intelligence émotionnelle aussi ☺



FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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Rennes - Nouvoitou - Fougères