Le Quotient Emotionnel

On parle beaucoup du quotient intellectuel comme mesure de l’intelligence avec différents types d’intelligences mesurées.

A travers mon expérience professionnelle, j’ai pu rencontrer des collaborateurs avec des personnalités différentes. Il en est toujours ressorti, pour moi, qu’il n’y avait pas que la sacro-sainte intelligence mesurée pour le QI et que d’autres formes d’intelligence existent. Une fois cette intuition installée, des références s’imposent. Cette intuition s’est tournée vers ce que l’on nomme le Quotient Emotionnel ou l’Intelligence Émotionnelle (IE) ou quand le cœur raisonne avec les émotions.

Pourquoi certains réussissent mieux que d'autres dans des entreprises, avec des profils identiques et sortant de grandes écoles ? Qu’est-ce qui fait cette différence pour des personnes qui pourraient avoir des ambitions similaires ? Mais d’abord, qu’est-ce que c’est l’Intelligence ?

(enfin, l'intelligence humaine)


D’après l’ami wiki, elle est « caractérisée par plusieurs aptitudes, surtout cognitives, qui permettent à l’individu humain d’apprendre, de former des concepts, de comprendre, d’appliquer la logique et la raison. Elle comprend la capacité à reconnaître des tendances, comprendre les idées, planifier, résoudre les problèmes, prendre des décisions, conserver des informations et utiliser la langue pour communiquer."


L’Intelligence Émotionnelle se décline au pluriel. Elle a été élaborée au début des années 1990 par Peter Salovey et John Mayer, chercheurs en psychologie puis développée en 1995 par David Goleman, psychologue et journaliste.



Qu’est-ce que l’Intelligence Émotionnelle ?


C’est la capacité à reconnaître ses propres émotions, à les analyser et à les composer avec celle des autres. Elle a donc une incidence tant sur le plan de la relation avec nos proches que celui de la réussite professionnelle. Elle passe par la compréhension des émotions.

Eva Reifler, praticienne en développement personnel, propose une grille de lecture établie à partir des travaux de Linda Kohanov et de Karla Mc Laren. Derrière chacune se tient un message, pas forcément conscient mais qu’il est intéressant de décoder :

  • La peur qui menace la vie, l’intégrité psychique et l’équilibre mental,

  • La colère avec un problème ou une personne qui envahit l’espace psychique ou physique qui ne tient pas compte des besoins et manque de respect. Il faut poser des limites,

  • La culpabilité avec une mauvaise conscience, le sentiment d’avoir accompli un acte répréhensible,

  • La honte avec un sentiment d’infériorité, la prise de conscience de s’être laissé maltraité ou abusé,

  • L’envie avec le fait de vouloir être à la place d’une autre personne, de sentir de la frustration, d’être furieux de ne pas en profiter.


Pour David Goleman, l’IE repose sur 4 compétences fondamentales

  • Une bonne connaissance de soi, une vision réaliste de ses forces et de ses faiblesses, une compréhension de ses propres émotions et la reconnaissance de leur impact,

  • Une gestion de son efficacité personnelle, c’est-à-dire une bonne gestion de ses émotions, la capacité à assumer ses responsabilités, à être adaptable et flexible, à faire preuve de conviction,

  • Une bonne connaissance des autres, ainsi avoir une capacité d’empathie, de sens politique et à bien percevoir les attentes,

  • Une capacité à travailler avec les autres, c’est-à-dire savoir écouter, s’impliquer, reconnaître les capacités de son entourage, bien communiquer, être apte à gérer les conflits et changements, innover.


Ainsi, Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain (qu’on ne présentera plus !) et Thomas d’Ansembourg, avocat et psychothérapeute (en CNV), insistent sur la nécessité de verbaliser son ressenti et d’être authentique pour communiquer avec autrui.


Ils vont dans cette démarche de développer son intelligence émotionnelle.


Cette approche intéresse de plus en plus les entreprises qui se sont bien rendues compte que le recrutement sur les seuls critères du Quotient Intellectuel (QI) et des diplômes, ne donne pas entièrement satisfaction.


Néanmoins, l’Intelligence Émotionnelle est une dimension abstraite et elle est invisible pour ceux qui ne la voient pas et refusent d’en admettre l’existence. Ainsi, un manager doté d’une Intelligence Émotionnelle, peut comprendre les enjeux, les jeux de pouvoir et d’influence tout en étant capable de bien s’entourer et de mettre chacun de ses collaborateurs au poste où il peut et où

il pourra être le meilleur.



L’Intelligence Émotionnelle au service des Leaders ?


Le mot « leader » provient de la langue anglaise et désigne le chef de file, l’individu qui va inspirer d’autres personnes, qui va les rassembler en vue d’atteindre des objectifs communs.


David Goleman, d’après ses études, a en tiré 6 profils de leadership :

  • Coercitif ou autoritaire, basé sur la discipline. Garder la discipline au- dessus de toute valeur mais qui peut engendrer la démotivation

  • Démocratique, avec la nécessité de prendre en compte les opinions de l’ensemble du groupe pour prendre une décision, multipliant ainsi les réunions.

  • Affiliatif, qui repose sur la création de liens entre les différents membres du groupe mais il peut en découler un manque d’organisation ou de discipline

  • Visionnaire ou orientatif. Les Leaders ayant ce profil, motivent leurs subordonnés à travers une vision claire et passionnante. C’est l’un des styles de leadership les plus importants.

  • Pilote, avec pour rôle de définir un cap et de le maintenir. Le leader va se définir comme un modèle.

  • Coach, avec le fait d’aider les membres du groupe à déterminer leurs points faibles et forts.

Tous ces styles sont très utiles pour comprendre les manières de manager et leur impact sur le travail des équipes. Chacun présente des avantages et des inconvénients. Ils ne sont, par ailleurs, pas incompatibles.

Au contraire, les meilleurs leaders sont capables de prendre des éléments de chacun d’entre eux pour s’adapter aux exigences du moment. Ils sont capables de choisir à tout moment celui qui convient le mieux au groupe et aux circonstances.



Les clés pour améliorer son Intelligence Émotionnelle


Et oui, l’intelligence émotionnelle cela se travaille. Il faut considérer l’émotion comme un « messager » intelligent. Plusieurs techniques simples existent pour reconnaître, comprendre et donc réguler les émotions comme: 

  • Garder son sang-froid, son calme en s’appuyant sur son corps et ses sensations. D’après Catherine Aimeler-Périssol, « l’émotion suit une logique : elle commence dans le corps avant de se diffuser dans l’esprit ». C’est une information. Ensuite, le mental peut ou non rajouter une autre émotion à l’émotion initiale. En revenant au corps et aux sensations corporelles, c’est possible de court-circuiter le processus. C’est ce qui est un des fondements de la sophrologie.

  • Exprimer les émotions difficiles, à soi d’abord. S’exprimer d’abord de soi à soi, pour laisser passer l’orage. L’émotion n’est pas là pour rien, pour indiquer un état d’âme et se mouvoir. Dans un second temps, c’est possible de la raconter à l’extérieur et avec les bons mots.



Il existe également des techniques comme l’ACT – Acceptance and Commitment Therapy - qui propose de quitter le mode défensif et d’aller vers l’acceptation et l’engagement. Se demander ce que l’on peut faire pour agir dans le sens de ses valeurs, sans oublier le bouleversement mais on l’observe différemment.

Ces solutions permettent une meilleure connaissance de soi, de ses émotions et aident à être plus présent à soi et au monde. Une fois, l’IE abordée, visitée, l’intelligence reste plurielle.

Et si je vous disais qu’Howard Gardner a neuf formes d’intelligence ?

Mais, cela, c’est une autre histoire ou un autre article...

FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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