De la souffrance des Troubles « Dys » pour les enfants…

J’ai évoqué les souffrances des parents liées aux troubles Dys de leurs enfants… mais qu’en est-il pour les enfants atteints de ces troubles ?

« La plupart d’entre eux sont en souffrance . Cela dit sans dramatisation aucune mais c’est une réalité qu’il faut reconnaître » indique Jean Chambry, pédopsychiatre au réseau Troubles des Apprentissages en Ile de France. 

« Tous savent ce que c’est que de ne pas être performant, de ne pas parvenir à répondre aux attentes des adultes. Beaucoup pensent qu’ils sont bêtes, puisque, malgré leurs efforts acharnés, ils demeurent en échec. Beaucoup sont tentés de baisser les bras, persuadés que, de toute façon, ils n’arriveront à rien ». 



Le regard des parents…

Ainsi, explique le pédiatre Marianne Chatriot au sein du même réseau, « un enfant se construit essentiellement dans le regard de ses parents. Quand il décèle dans leurs yeux de l’inquiétude et de l’angoisse mais aussi parfois de la déception et de l’agacement, il se juge lui-même de manière dure et négative. S’installent alors une souffrance narcissique et une mésestime de soi pesante ».

Cette blessure narcissique, parfois à vif pour certaines personnes, peut amener de l’anxiété, une forte anxiété. Elle peut s’installer sur du long terme jusque dans la vie d’adulte d’un « Dys ».



Anne Tirilly, orthophoniste du réseau, constate : « Ces troubles psycho-affectifs sont importants et viennent alourdir le trouble. Parce qu’il a perdu toute confiance en lui, un enfant peut renoncer à exercer ce langage ou ce corps qu’il ne parvient pas à maîtriser et s’enfoncer davantage dans ses difficultés ».

Mais aussi à l’inverse, il peut y avoir un surinvestissement de l’enfant atteint du trouble Dys, du domaine dont il sent qu’il est au cœur des préoccupations de ses parents. Mais, il ne parvient pas à les satisfaire sur ce plan malheureusement, ce qui aggrave aussi le fait qu’il se mésestime. L’enfant peut en arriver à se couper de pans entiers de leur personnalité parce qu’il a l’impression que cela n’intéresse pas ses parents. Il ne va donc pas exploiter tout son potentiel, toutes ses potentialités. 


Et la place aux rêves ?


Marianne Chatriot indique que : « l’enfant se laisse contaminer par ses parents qui ont tendance à le réduire à son trouble, à ne plus voir en lui ni son énergie vitale, ni ses qualités, ni sa vie fantasmatique».


Il faut aussi ajouter à tout cela des RDV pour la rééducation. Il peut lui manquer ainsi de temps pour rêver ou juste ne rien faire….


Et ne rien faire, jouer, rêver, créer, c’est essentiel pour un développement harmonieux psychologique de l’enfant…



Et au niveau du comportement ?

Il peut y avoir parfois des troubles du comportement qui y sont associés. Ainsi souligne Anne Tirilly : « ce sont d’ailleurs souvent eux qui constituent un signal d’alarme, avant même qu’un trouble spécifique des acquisitions scolaires soit diagnostiqué. Prenons l’exemple d’un petit dyslexique. Alors qu’il fournit des efforts énormes, il constate que tous les autres élèves commencent à lire et lui non. Il éprouve un tel sentiment d’injustice, de colère, de découragement et d’impuissance, il est dans un tel état de fatigue qu’il peut manifester des colères ou une opposition vis à vis de son enseignant ».


Ainsi, l’école n’est pas forcément un lieu d’épanouissement pour les enfants « dys » car ils n’y sont pas bien compris. Il faut plus attendre que les adaptations pédagogiques aient été mises en place pour les accompagner, les aider. Néanmoins, les réactions peuvent être un peu contrastées = cela peut être, pour certains, un immense soulagement et pour d’autres, une stigmatisation qu’ils vont difficilement supporter (moqueries de la part des autres, sentiment d’isolement).



A la pré-adolescente et à l’adolescence, ils peuvent se braquer, se révolter contre tous ces aménagements scolaires. 

Marianne Chatriot indique que = «  Le fait d’être aidés entre en contradiction avec le grand travail psychique qu’ils vont mener dans cette période de leur vie : s’autonomiser et faire seuls. »


A cela, au-delà de l’équilibre familial qui peut être fragilisé avec cette pathologie, il y a aussi la fratrie, des rivalités au sein de la fratrie… Pas facile pour les frères et sœurs de voir autant de temps consacré au frère ou à la sœur qui souffre de troubles « Dys ». De son côté, l’enfant Dys va se sentir humilié quand il va constater qu’un plus jeune que lui, sait lacer ses chaussures sans difficultés, dans tous les gestes de la vie quotidienne où il est en difficultés et doit être accompagné.



Et où trouver un peu d’harmonie et de sérénité ?

Jean Chambry souligne que « la clé d’une certaine sérénité passe par une acceptation qui ne signifie pas un renoncement. Si les parents réussissent à poser un regard authentiquement confiant sur leur enfant – tu as des difficultés, c’est certain mais nous sommes sûrs que tu te construiras une belle vie… alors leur enfant sera formidablement bien armé ».


Le lâcher-prise des parents malgré des difficultés et des efforts à fournir pour l’enfant, le regard bienveillant et confiant sont les meilleures armes au quotidien pour trouver un apaisement familial dans la fratrie et pour l’enfant.



Allez au-delà des difficultés, ensemble permet de sublimer le quotidien, de le teindre de jolies couleurs pastels nommés = joie, détente, plaisir, sérénité.


Quand j’entends les témoignages de certains adultes, de ce qu’ils sont devenus, de ce qu’ils deviennent malgré les difficultés, le handicap, il y a un espoir énorme, de la résilience et de la confiance donnée des adultes, des parents vers les enfants « Dys »…


Continuons à tendre la main les uns vers les autres. Les enfants « Dys » ont de merveilleuses capacités….

FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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Rennes - Nouvoitou - Fougères