De l’indicible des contes

On parle souvent des bienfaits des contes, c’est ce que j’ai fait dans un précédent article mais aujourd’hui, j’avais envie d’aller plus loin… pour toucher un peu plus l’indicible, ce que l’on ne peut pas percevoir…. 


Pour toucher à l’invisible de ce que peut apporter les contes, je citerai tout d’abord le travail de Jean-Pascal Debailleul, thérapeute et coach. A travers son livre sur « la synchronicité des contes », il livre les clés de la sagesse pour « activer » le champ des possibles. Il enseigne ainsi comment passer du conte à la réalité et traduire cette connaissance dans la vie quotidienne. « Les contes permettent l’accomplissement des souhaits » explique Jean-Pascal Debailleul.


Mais là, cela pourrait être la conclusion alors, non vous n’avez rien lu ou je n’ai rien écrit ☺

Laissez-moi vous l’expliquer, vous le conter…

Dans la structure des contes, une série de synchronicités ou de coïncidences provoque une profonde transformation du personnage central perçue souvent comme « irrationnelle ».


Le héros est, à un moment donné, dans une impasse mais il est animé d’une nécessité impérieuse d’avancer, de résoudre son problème. Les contes seraient ainsi porteurs de synchronicités actives et en comprendre le fonctionnement peut permettre encore plus d’ouverture pour soi.





Mais qu’est-ce que la synchronicité ?


Le psychiatre Carl Gustav Jung définit la synchronicité comme étant une « coïncidence temporelle de deux ou de plusieurs évènements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue ». Une image inconsciente pénètre la conscience – sous forme d’idée, de symbole, de rêve ou de prémonition – et une situation objective coïncide avec ce contenu. C’est l’observateur qui confère une valeur à cette synchronicité alors. 



On peut aussi y associer la notion d’inconscient collectif qui est un concept développé par Carl Gustav Jung.


Il désigne des fonctionnements humains liés à l'imaginaire, communs ou partagés, quels que soient les époques et les lieux, et, qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives.


Ainsi, cet inconscient collectif est constitué de différents archétypes qui sont des formes de pensées comparables aux champs morphiques développés par Rupert Sheldrake, parapsychologue.





Mais alors qu’est-ce qu’un champ morphique ?


C’est une expression qui définit un champ hypothétique qui contiendrait de l'énergie ou de l'information sans être constitué de matière. Ces champs seraient déterminants dans le comportement des êtres vivants notamment en ce qu'ils hériteraient d’habitudes de l’espèce par « résonance morphique ». 


Jean-Pascal Debailleul parle d’un champ quantique d’informations disponibles auquel, comme cela, il peut être difficile d’y accéder.



Un véritable signe de vie ?


Si l’on change de point de vue, si l’on part de ce champ énergétique, quantique ou de cette résonance morphique, la synchronicité est, sans doute, l’une des meilleures marques de l’intuition humaines. Rêve prémonitoire, clairvoyance, symboles, situations de répétition, coincidences. Tout cela en est autant de formes. Cependant les repérer et croire aux signes n’est pas chose aisée.


Certaines personnes trop rationnelles ne percevront pas les messages sauf à indiquer que c’est du hasard et d’autres plus réceptives y trouveront des significations. Ce sont lors de périodes de réflexion, de doute et de remise en question que les synchronicités surgissent…


Et quels sont ces signes ?

  • Un très fort est la synchronicité amoureuse = les mêmes mots dits en même temps, la personne qui vous appelle en même temps que vous alliez le faire

  • La synchronicité des heures = regarder sur son téléphone ou sur une montre ou une pendule et lire des heures doubles (11h11 ou 22h22) ou celle d’un miroir inversé (12h21) 

  • Les prémonitions sur un événement à venir, sur l’état de santé d’un proche (qui sont des synchronicités pour François de Witt)

  • Mais aussi, lire un livre ou voir un film ou écouter une chanson qui décrit complètement ce que l’on est en train de vivre

  • Entendre des personnes inconnues parler d’un sujet auquel l’on est en train de réfléchir

  • Parler d’une personne que l’on connaît en commun avec un interlocuteur et voir cette personne arriver

  • Porter des couleurs ou imprimés identiques sans s’être concertés avec son interlocuteur

  • Trouver la solution à un problème par hasard alors que l’on n’avait pas commencé à chercher à le résoudre.


Si je détaille autant, c’est que cela me semble intéressant de mettre en évidence le côté subtil de cette synchronicité, du fait de percevoir ces synchronicités.


Ainsi, d’une manière plus générale que ne l’a définit Carl Gustav Jung, le chercheur Dean Radin définit plus simplement cette expérience comme une situation incontrôlée qui fait sens.


Quelle qu’en soit sa forme, on peut définir une synchronicité par plusieurs éléments = 

  • l’imprévisibilité de cet événement qui peut arriver à tout moment,

  • l’absence de lien et de cause entre la situation que l’on vit et l’état subjectif dans lequel on se trouve,

  • l’importance et la signification que l’on accorde à cet événement.


Et le lien avec les contes ?


Je citerai l’écrivain Gustave Thibon « Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. » 


S’ouvrir au regard du merveilleux, au regard du conte, à la sagesse des contes.

Dennis Boyes – auteur et peintre – dans « Initiation et sagesse des contes de fées » met en évidence que les symboles et les images présents, dans les contes, engendrent chez le lecteur, des forces qui l'initieront à la vie et à la découverte de lui-même. 



D’une manière plus fine, les contes ont le don de mettre en scène des personnages dans lesquels les enfants comme les adultes peuvent s’y retrouver = 


1. Le contexte du conte permet à la personne d'objectiver ses problèmes, d'en prendre conscience plus facilement, et ainsi de s'en dégager plus facilement. 2. Les situations décrites la guident dans la recherche de sa voie, de la solution appropriée à ses problèmes. 3. La sympathie que les personnages bienfaisants éveillent en elle, la conduit à s'aimer elle-même et à s'apprivoiser, alors que l'antipathie que lui inspirent les sujets maléfiques la protège contre un contact prématuré avec les forces négatives de son être. 4. Enfin, les images des contes agissent sur l’inconscient et peuvent y effectuer une action curative.

Dans la vie réelle – pas celle des contes ☺ - une attitude positive va laisser de la place à de nouvelles énergies et va permettre  d’accueillir plus facilement ces synchronicités, de mieux les ressentir et de mettre à profit ces clins d’œil pour avancer comme il se doit. Donner du sens à ces synchronicités, c’est trouver des réponses qui sont enfouies au fond de soi et de faire des choix en fonction de ses valeurs.



Au delà de s’ouvrir au subtil, à l’indicible, à ces synchronicités, je citerai, pour terminer le travail de Jean-Pascal Debailleul, avec qui l’article a commencé…


Les contes sont porteurs de synchronicités actives, évoluent dans un champ quantique d’informations disponibles. Simplement, c’est difficile d’y accéder ainsi.

Jean-Pascal Debailleul met en avant que « les contes permettent l’accomplissement des souhaits » justement.


La première étape est de déterminer un souhait : « il faut être mu par une nécessité impérieuse , pour ouvrir ce champ du tout possible ». Pour « activer les synchronicités », il faut poser une question, émettre une fréquence, un signal qui va trouver un écho, une résonnance.


La seconde étape est de relever le défi en maintenant le signal face aux résistances. « Nous allons devoir faire face à toutes nos résistances au changement et à nos peurs. », prévient-il. Cette dynamique « active » de synchronicités s’accompagne d’une accélération qui va être porteuse de changements, tout en se protégeant des assauts internes tels que la peur, le désir de contrôler, la volonté.


Dans la dernière étape, c’est l'enjeu est de trouver son talent. Cela transforme ainsi la situation. « Pour se réaliser dans la magie des coïncidences, il est nécessaire de dépasser son modèle de croissance individuel, pour un plan d’ensemble où se coordonnent une multitude de modèles en interaction les uns avec les autres ».


Les contes invitent au changement, à la métamorphose. C’est important de se placer ainsi du point de vue d’ensemble – au lieu de rester sur un point de vue individuel. 


Une autre manière avec les contes de vivre la synchronicité, l’indicible pour aller vers soi, aller à l’essentiel. Raconter des histoires, écouter des contes permet un retour vers soi, un travail sur soi en profondeur.


Alors, vous avez juste à ouvrir un conte…   



FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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Rennes - Nouvoitou - Fougères