Comment gérer ses émotions ?

A votre avis, qu’est-ce qui est mieux : réprimer ou accepter ses émotions ?

Quelle question !



Réprimer ses émotions, cela peut être une mauvaise habitude. En dehors des conséquences qui peuvent être corporelles, réprimer ou refuser ses émotions et ses sentiments est très négatif. Cela coupe d’une partie des informations dont l’être humain peut avoir besoin pour mieux vivre et savoir ce qui fait du bien, ce dont il a justement besoin..



Et toujours les exprimer ? Oui, toujours les exprimer ? Ce n’est pas toujours pour autant qu’il faut les exprimer sans cesse, mais au moins en prendre conscience. Nommer ses émotions permet de mieux comprendre ses réactions et celles des autres et donc, par la suite de les gérer de manière plus adaptée.


Le fait de réprimer ses émotions vient peut-être de l’éducation. Enfant, quand on exprime certains sentiments, il arrive qu’on soit rabroué ou même réprimandé : la jalousie, la colère peuvent être sanctionnées.

Quand un enfant montre sa colère, les adultes peuvent lui dire qu’il est « méchant » au lieu parfois d’essayer de comprendre pourquoi il ressent cette émotion ou a fait cela. L’enfant comprend alors que c’est « mauvais » quand il exprime sa colère et fait une confusion entre sa valeur intrinsèque et un comportement désigné comme blâmable (crier ou taper sur son frère/sa sœur et/ou de casser ses jouets). 


L’amour peut même amener un certain effacement. Si les parents ne sont pas démonstratifs l’un envers l’autre, l’enfant va intégrer qu’il ne faut pas montrer ses sentiments, même quand ceux-ci sont positifs. Ce même enfant, plus tard devenu adulte, peut avoir du mal à dire : « Je t’aime » à son partenaire.

L’autre possibilité qui fait qu’on ne montre pas ses émotions, est que les émotions peuvent faire faire des bêtises vu qu’elles sont considérées comme illogiques. Néanmoins, la raison et les sentiments sont aussi importants l'un que l'autre pour vivre au quotidien. Les émotions nous donnent des indications sur les besoins et les désirs que l’on a , ce que l’on aime ou pas et aident à prendre des décisions importantes, pour lesquelles un raisonnement logique ne serait d’aucune utilité. Se couper de ses émotions c’est comme se couper d’une partie de soi-même.


Bien sûr, parfois les émotions sont tellement fortes, pulsionnelles par rapport à une situation qu’elles dictent nos comportements : il n’y a pas de réflexion, juste de l’action. Par exemple, une réaction de fuite face à une forte émotion de peur. Néanmoins, ce sont de situations qui sont assez rares qui sont plus vécues comme des urgences. 


Parfois, les émotions explosent si justement elles n’ont pas été suffisamment écoutées. Tout cela éclate d’un coup à la surprise générale, de la personne elle-même qui n’en pouvait plus et de son entourage...



Derrière une émotion, il y a l’expression d’un besoin qui a été mis en évidence par notamment Maslow avec sa pyramide. C’est un psychologue américain considéré comme le père de l'approche humaniste. Il est connu pour son explication de la motivation par la hiérarchie des besoins, souvent représentée sous la forme d'une pyramide. Il y recense cinq niveaux de besoins :


  1. A la base, les besoins physiologiques (tels que la faim, la soif) 

  2. Ensuite, les besoins de sécurité et de protection (tels que le désir d'un toit ou d'une bonne assurance). Ces deux aspects assurent la survivance physique d'une personne 

  3. Puis les besoins d'appartenance (sociaux) qui reflètent la volonté de faire partie d'une famille, d'un groupe, d'une tribu 

  4. Ensuite les besoins d'estime de soi (qui permettent de se regarder dans le miroir le matin) pour les besoins psychologiques ;

  5. Enfin, au sommet de la hiérarchie, les besoins de s'accomplir.


Accepter ses sentiments, c’est tenir compte de ses besoins. Et tenir compte de ses besoins permet d’augmenter la confiance, l’estime que l’on a de soi-même. En effet, comment s’estimer si on n’a accès qu’à une seule partie de soi, la raison ? Comment s’estimer si on réprime ses émotions, ses sentiments ? L’estime de soi est, avant tout la connaissance de soi, de ce que l’on ressent, de ses besoins. Si on réprime ses émotions, c’est impossible de savoir ce dont on a besoin. Donc, on peut en conclure qu’il vaut mieux apprendre à repérer et à nommer ce dont on a besoin.


Réfléchir à ce que l’on ressent, c’est prendre du recul par rapport à certaines situations qui peuvent nous dépasser. Dire « je suis en colère », c’est autre chose que taper directement du poing et c’est plus constructif. Cela intellectualise l’émotion et la rend moins vivace en soi. 



Vivre avec ses émotions


Les émotions sont un précieux indicateur, le reflet de nos pensées, la conséquence de nos pensées même. En y prêtant attention, c’est possible de savoir si cela nous est agréable ou pas pour soi.



Les pensées désagréables ou que nous ne voulons pas vont engendrer des émotions négatives avec un ressenti désagréable. Ressentir du négatif, n’est pas « négatif en soi » car ce qui compte, c’est le message adressé. Néanmoins, les émotions négatives sont plus réprimées que celle positives. Ainsi, certaines émotions négatives peuvent faire souffrir et elles sont rejetées. Et si elles étaient plutôt analysées ? 


Quand une personne ressent de la tristesse, elle attend plutôt d’être seule avant de se laisser aller. Mais exprimer ses émotions permet de les comprendre et d’y faire face. Ce n’est certes pas facile de mettre des mots sur le ressenti mais le dire est le meilleur moyen de reconnaître les émotions. 


Ce qui a été mis en évidence, c’est que les êtres humains vivent leurs émotions et qu’ils y sont « en plein dedans ». Prendre du recul n’est pas chose aisée. Pour comprendre ce qui se passe en soi c’est important de dire son ressenti car cela permet de reconnaître ses émotions.


Les émotions douloureuses indiquent que quelque chose ne va pas. Lorsque la souffrance est insupportable, les émotions poussent à agir et elles sont utiles. Par ailleurs, les émotions positives peuvent nous transporter. Ainsi, l’enthousiasme permet d’aller au bout d’un projet.



Mieux gérer ses émotions… comment faire concrètement ?


Le plus simple est de commencer à exprimer ce que l’on ressent dans la journée, quand rien de particulier n’arrive. Pour cela, il faut déjà avoir cette volonté, ce recul : juste se demander comment on se sent. Si c’est calme, cela peut être bien d’y penser : « Tiens, comment je me sens ? ». Et dans la rue si on marche d’un pas alerte en sifflant, qu’est-ce que cela veut dire ? : « Tiens, je suis joyeux » Et si on chante sous la douche ?  qu’est-ce que cela dit de cette émotion du moment ? 


S’entraîner à décrypter ses émotions est un excellent exercice pour comprendre ce qu’un événement déclenche en soi.



Une émotion désagréable est un signal que quelque chose doit changer, doit bouger. S’arrêter et clarifier ce qui se passe en soi, essayer de comprendre et savoir ce que l’on veut ou au moins se poser la question. A la lumière de la réponse, s’il y en a une, l’action est possible.


Le dénominateur commun est de ralentir quand les émotions viennent pour les cueillir, les comprendre. Car une émotion et tenace = si on ne comprend pas son message, elle reviendra jusqu’à ce qu’elle soit saisie et elle peut revenir de manière plus violente. Les émotions poussent sur le chemin du développement. Elles aident à s’améliorer. On peut évoluer grâce aux émotions qui sont reconnues.


Une fois que l’on a pris l’habitude d’identifier ses émotions, cultiver celles qui font du bien peut être un bon moyen plutôt que de se laisser envahir par elles, et par celles qui font souffrir. La psychologie positive, la méditation, la sophrologie, le coaching sont des méthodes que j’utilise et qui permettent un retour à soi, sur ses sensations et son ressenti et donc ses sentiments et ses émotions.


Mais, c’est une autre histoire dans un article ou dans un de mes ateliers…☺


FacilitationS

Emmanuelle Bottreau

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Rennes - Nouvoitou - Fougères